Déshellénisation


Jadis, Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier, visitait la Grèce pour y découvrir “l’Air, le Son et la Lumière” d’après son allocution célèbre, prononcée à l’École Polytechnique d’Athènes dans le cadre du Quatrième Congrès d’architecture moderne durant l’été 1933.

Le Corbusier sous le Parthénon à l’âge de 24 ans. En visitant la Grèce en 1911

“Heures laborieuses sous la lumière divulgatrice de l’Acropole. Heures périlleuses, provocatrices d’un doute navrant en la force de notre force, en l’art de notre art. Car il s’avère que l’hellénisme submergeant est précisément dans ces choses signalées, et que les noms d’Ictinos, de Callicratès et de Phidias, s’attachant aux annelets de l’échine comme à la suprême mathématique du Temple”, notait dès lors Le Corbusier, dans les années 1910.

En 1911 déjà, Charles-Édouard Jeanneret part pour un périple qui durera 5 mois et qui l’amènera à travers les Balkans, en Serbie, Bulgarie, Turquie et finalement en Grèce au mont Athos et à Athènes, où la découverte des ruines blanches de l’Acropole provoque chez lui un choc esthétique.

Ainsi, comme le résume l’architecte Panagiótis Tournikiótis à l’occasion du colloque “La Grèce de Le Corbusier” qu’il organisa au Collège de France en juin 2019 : “Il y a un syndrome grec dans la vie et l’œuvre de Le Corbusier, conjuguant les lectures, les voyages et les propos épistolaires et littéraires. Il se manifeste lors de son voyage initial de 1911 au travers des notes, des dessins et des photographies d’Athènes, qui nourriront des ouvrages comme -Vers une architecture”.

Athènes vers 1920

“Puis dans les années 1930, lors du IVe Congrès international d’architecture moderne, lorsque l’architecte parisien découvre les villages des Cyclades et reformule ses réflexions sur l’Acropole et le Parthénon, qui ont, dit-il alors, – fait de lui un rebelle – et qu’il oppose de ce fait à la pensée académique. Enfin, lorsque Le Corbusier revient dans les lectures de l’âge mûr sur les grands mythes, une nouvelle perception d’Homère irrigue son travail d’artiste”.

Les participants au Congrès partiront sitôt à destination des Cyclades, quand leur bateau le Patrís II, fera successivement escale à Sérifos, Santorin et Ios. Notons que le Patrís II – littéralement la Patrie, était un navire mixte – passagers et fret – à vapeur, grec historique, construit dans les chantiers navals britanniques Swan Hunter & Wigham Richardson et livré au début de l’année 1926. Il a appartenu initialement à la Byron Steam Shipping, puis à partir de 1928 à la National Steam Navigation Company of Greece, propriété des frères Embiríkos, dont Andréas, le célèbre poète, photographe et psychanalyste.

Le Patrís II, navire mixte – passagers et fret en 1933

C’était cependant… bien du temps de jadis. Depuis, il y a eu les visiteurs, les écrivains découvreurs à l’instar de Jacques Lacarrière, lequel voyage pour la première fois en Grèce en 1947 avec le Groupe du théâtre antique de la Sorbonne, puis en 1950, il passe plusieurs mois en Crète et au mont Athos. Son essai “L’Été grec” paru en 1976, lui vaut comme on sait un immense succès.

Finalement… il y a eu les touristes. La massification même du phénomène touristique a pris tant d’ampleur durant notre siècle actuel à tel point, que le pays hellène peuplé de 11 millions d’habitants – dont plus de 3 millions de migrants étrangers – celui que l’on désignait volontiers comme patent et authentique, accueille ces derniers temps près de 40 millions de touristes par an.

Mais ce n’est pas tout. Hélas. Désormais, les stations balnéaires grecques ne se contentent pas d’accueillir des visiteurs ou des “investisseurs” en quête des… terres promises. Ces hauts lieux touristiques grecs sont en phase de passer complètement ou à la limite partiellement, sous le contrôle d’individus couronnés dans le crime organisé importé de nombreux autres pays, de vétérans ou de recyclés des services secrets, de familles de kleptocrates et de mafieux, le tout avec l’aimable cogestion avec les castes politiques nationales comme autant locales.

Il y a eu d’abord le phénomène des acquéreurs, sûrement amoureux du pays et souvent même processeurs, si ce n’est qu’incomplètement, du parler grec. Entre 1980 et les années 2010, après avoir d’abord erré quelques longues années à travers la Grèce en voiture, en camping-car et parfois même en voilier pour finalement s’attacher à un endroit précis, ces voyageurs venus d’Europe occidentale et dans une moindre mesure des États-Unis, ont décidé d’acheter un toit sous le soleil hellène.

Le Corbusier à bord du Patrís II, 1933

Pour de nombreux cas, il s’agissait de demeures qui nécessitaient moult réparations, généralement situées dans un village des îles ou du Péloponnèse pratiquement déserté, en raison de l’effondrement démographique et de l’exode rural. Ladite crise grecque depuis 2010 étant en plus passé par là, il y a eu dans un premier temps en tout cas, un effondrement du prix de l’immobilier, rien que pour “consacrer” le… linceul de la Grèce en tant que pays naguère vivant, c’est-à-dire productif dans le secteur primaire et même secondaire, pays désormais bradé… d’en haut comme d’en bas.

Ce profil des premiers visiteurs en passionnés conquis est également apparu dans notre région du Péloponnèse nord-est : Des commerçants et des ingénieurs retraités, des écologistes solidaires du peuple grec dans son triste déclin ou sinon, ceux devenus de plus en plus précaires dans l’Occident méta-productif, puis enfin, ces derniers initiés de l’histoire comme du paysage grec, voire les marcheurs géographes sillonnant les cols montagneux autant connaisseurs de la flore et j’en passe, voilà pour cette florissante sociologie arrivée d’ailleurs.

Tout ce monde étranger et pourtant proche, tirait en somme ses origines aux générations plus anciennes dont les racines sont à rechercher chez les hellénisants du 19e Siècle. En tout cas, ces passionnés acquéreurs sur la fin du 20e Siècle, ils sont habituellement des lettrés, des enseignants ou encore des scientifiques et généralement retraités, issus d’un Occident… en quête de son mythe grec.

Il faut dire que leur présence ainsi normalisée sur le sol hellène n’a pas toujours fait l’unanimité, et parmi les voix les plus critiques je remarque celle de l’écrivain et poète Yórgos Ioánnou, né en 1927, quand il considérait d’emblée “le tourisme comme relevant d’une nouvelle Occupation”. Ainsi, quand la terre grecque est vendue aux étrangers notre écrivain alors il s’insurge :

Theophilos Chatzimichael (1873 – 1934). Agía Anna de Chalkis, Pinacothèque nationale d’Athènes

“Voilà une somptueuse villa construite par un Allemand sur la colline. Un Allemand, de ceux qui dans les années 1940… ils étaient venus dans nos contrées en tant que soldats pour nous occuper”. Cependant, Ioánnou était bien conscient qu’en Grèce se passer du tourisme est devenu impossible, il prônait donc “la gestion logique du phénomène, un bon tourisme alors contenu, davantage intellectuel et moral”.

Mais qu’il y a près de cinquante ans de cela, car Ioánnou a quitté ce bas monde prématurément, en 1985. Entre temps et aux dires de (presque) tous, ces acquéreurs étrangers de la première vague ne représentaient pourtant aucune “invasion étrangère”. Et cela, même si quelques voix locales se sont élevées de temps à autre pour déplorer la déshellénisation des villages ou des contrées, notamment dans le Péloponnèse et dans les îles. D’ailleurs beaucoup de ces étrangers ont été pris pour des agents ou des espions de puissances étrangères, ce qui certes parfois était le cas à commencer par la célèbre belle épopée de Patrick Leigh Fermor.

Pourtant, la manière dont la plupart de ces Européens ont contribué à “refaire” cette campagne grecque abandonnée est devenue la raison pour laquelle ils ont été peu à peu appréciés par la majorité des habitants autochtones et d’abord par nos… chats adespotes des lieux, signalons-le également. Et si ce n’est pas par amour, ces étrangers sont au moins devenus des figures familières et sympathiques.

Avec le temps, ils se sont même transformés en de véritables habitants des communes des îles et du Péloponnèse, marquant l’histoire locale en tant que membres d’associations pour la sauvegarde des plages et des monuments, ou en traçant des sentiers forestiers et des parcours dans les zones les plus escarpées.

Actuellement, nombre d’entre eux passent de l’autre côté du décor de la vie et ils sont de ce fait enterrés aux côtés des Grecs, comme chez nous, la semaine dernière, s’agissant de cette femme Anglaise qui habitait dans le voisinage face à la mer depuis près de trente ans. Elle est décédée à l’âge de 77 ans et alors, elle a été inhumée comme tout le monde ici… en face de l’île de Poros. Elle a dans un sens accompli son chemin… jusqu’à la Grèce éternelle.

Et nous voilà à présent sous un temps de mutations, pour ne pas dire de mutilations alors multiples. Cette situation décrite plus haut et qui perdurait jusqu’au début du nouveau millénaire n’est plus. Et cela justement, au moment où l’édifice de ces rencontres plutôt heureuses a commencé à se fissurer et à devenir de plus en plus inaccessible pour les générations suivantes, les générations dites de la crise, d’abord en Grèce et désormais partout ailleurs au sein du triste monde occidental.

Sauf que désormais, le changement de paradigme est plus que radical. Depuis une petite dizaine d’années, la Grèce bradée, dont son immobilier ainsi offert tous azimuts, devient de fait un pays conquis et dépecé, de surcroît par le biais des différents dispositifs de “Golden Visa”, d’expansions immobilières ou bien sûr, par la conversion d’immeubles entiers et d’ensembles urbains en logements Airbnb, c’est une véritable déshellénisation qu’est en train de s’accomplir.

Presqu’île volcanique de Méthana, Péloponnèse 1953, photo d’Ellen Auerbach

Rappelons que le “Golden Visa” en Grèce est un programme de résidence par investissement qui permet aux ressortissants hors Union européenne (pays tiers) d’obtenir un permis de séjour de 5 ans, renouvelable, en échange d’un investissement économique important dans le pays. Important… c’est-à-dire à partir de 250.000 euros.

Ce qui leur donne accès à la libre circulation dans l’espace Schengen sans besoin de visa, puis la non-obligation de résidence car Il n’est pas nécessaire de vivre en Grèce pour conserver ou renouveler ce titre de séjour, le regroupement familial étant donné que le permis s’étend au conjoint, aux enfants ainsi qu’aux parents des deux époux et enfin… l’ouverture de la voie vers la nationalité. Après sept années de résidence effective et continue en Grèce il est possible de demander la nationalité grecque.

Sauf que les grands visionnaires du crime organisé, politiques comme mafieux pour ainsi faire pratiquement dans la tautologie, tous ces agents du monde des affaires… ils ont déjà préparé la suite, la leur. Dans l’état actuel des choses, des pans entiers du tissu urbain ainsi que de plus en plus d’enclaves que l’on dit encore “idylliques” dans les îles, dans le Péloponnèse tout comme sur le continent, ne se contentent plus d’accueillir des visiteurs ou des “investisseurs” amoureux véritables de la Grèce.

De plus en plus d’enclaves donc sont passées sous le contrôle d’individus couronnés dans le crime organisé de leur pays, de vétérans ou de recyclés des services secrets, de familles de kleptocrates et de mafieux. Ils sont Albanais, Ukrainiens, Kossovars, Arabes et Turcs, entre autres.

D’importants patrimoines et biens immobiliers en Grèce du Nord sont déjà contrôlés par des trafiquants de drogue des Balkans, tandis que dans des zones “d’une beauté particulière” surgissent sans cesse des complexes résidentiels fermés, où des fonds d’investissement et des sociétés écrans font dans la… cogestion avec l’idéologie dominante des dirigeants. C’est ce mélange d’étatisme clientéliste et de néolibéralisme cosmopolite et mondialiste différé qui anime une partie de la Grèce, fort d’ancrages bien au-delà des seules élites dites “supérieures”.

Ailleurs, ce sont des Israéliens qui érigent sur le sol grec dont la Crète et à Chypre, leurs fermes, leurs villages exclusives et récemment même leurs écoles. Ils possèdent déjà plusieurs milliers de maisons, d’immeubles, d’hôtels et d’autres entreprises dans tous les secteurs, dont les supposées nouvelles énergies entre les photovoltaïques, les éoliennes et dernièrement faisant autant dans les data centers. Ces derniers remplacent ce qui en restait de l’agriculture grecque… en lui portant le coup de grâce, comme par exemple en Thessalie.

Et dans les régions de la Thrace et de la Macédoine grecques, ce sont les Bulgares qui s’organisent de la sorte ; après avoir acquis les cantines, les cafés, les restaurants, les hôtels et autres habitations du littoral Égéen du nord de la Grèce, voilà qu’ils installent actuellement leurs propres écoles… sous certains prétextes “culturels” alors vagues, contournant ainsi la législation grecque en matière d’éducation. Accessoirement, ils chassent si besoin les grecs de “leurs” plages, au besoin à l’aide de gros bras armés.

Grèce, 1953 photo d’Ellen Auerbach

Notre actuelle… observation participante nous fait même bien comprendre l’ampleur du phénomène. En ce moment dans notre contrée du Péloponnèse Nord-Est, des Israéliens frappent aux portes des habitants pour savoir si telle ou telle maison est à vendre, des Polonais ont acquis un bout de la montagne et y construisent leur propre village, des gros SUV immatriculés en Ukraine sillonnent nos routes de campagne et des skippers Ukrainiens s’exercent en ce moment par dizaines… pour être prêts à faire tourner les catamarans à plein régime durant la saison prochaine en surfant si besoin et autant… sur la vague du blanchiment éternel.

Et près de l’île de Chios, un voilier Ukrainien vient d’être arraisonné par les garde-côtes empli de drogue, car c’est bien connu, on vient en Grèce pour y découvrir l’Air, le Son et la Lumière… des Ténèbres.

La page est tournée… et la plage avec. Ainsi, à la place de ces étrangers qui entretenaient une relation authentique avec la Grèce, se multiplient désormais les vitres teintées des SUV de grand luxe, les intermédiaires invisibles et indifférents, les acquéreurs de villas sous-louées ou transformées en forteresses gardées par de petites armées privées de hommes de main. Un monde d’arrogants qui, au-delà de quelques stories Instagram, utilisent le territoire comme une terre promise et d’abord soumise.

Il va de soi que certains Grecs collaborent eux aussi en tant que parties prenantes satisfaites à cette même… “Saga” de la nouvelle Occupation du pays. D’où la déshellénisation contemporaine en tant qu’aliénation et dépossession, d’abord nationale et ensuite à échelle ainsi humaine et sociale.

Cette déshellénisation inaugure d’année en année, un tout autre pays : un pays insupportablement cher, hautain, comportant de nombreuses zones d’exclusion et d’exception. Elle a déjà engendré de nouvelles formes de corruption qui s’ajoutent aux versions plus traditionnelles, entre autres celles du mauvais usage des ressources et des biens publics.

Vue du port de l’île de Poros, 1953

Cette mutation en série est tout autre chose qu’un simple changement d’époque qui amènerait naturellement avec lui de nouveaux phénomènes, pour ce qui est des comportements et des modes de vie. Elle pèse d’ailleurs sur les épaules des plus jeunes, élevant davantage d’obstacles dans la vie du locataire, des jeunes familles endettées et, de manière générale, de toutes les personnes qui vivent de leur seul salaire et non de revenus parallèles ou occultes.

Dans un sens, l’hypertourisme, le Golden Visa ainsi que le crime plus organisé que jamais, à Athènes comme ailleurs, détruisent déjà la ville en tant qu’entité historiquement et possiblement encore vivante, chassent les habitants autochtones, interdisent la possibilité du logement pour l’immense majorité des Grecs et souvent même, contribuent au blanchiment d’argent, à la prostitution et au trafic des drogues dont la part dans… l’économie grecque suit très exactement la courbe montante des arrivées touristiques au pays des dieux morts.

Sous ces auspices, ce n’est pas le peuple grec qui entre en scène comme simple victime de la mondialisation comme on se disait alors jadis. Car voilà que nous subissons plutôt les conséquences de l’adhésion de certaines franges de la population aux conditions générales de cette déshellénisation.

Les bénéficiaires, les participants et ceux qui se chargent ensuite de justifier l’expropriation collective au nom d’un “développement” dit inexorable, ces gens sont comme dans tout situationnisme historique autant de la portion, comme par exemple du temps de l’Occupation ottomane laquelle a duré près de cinq siècles et pour cause, ou encore durant la dernière Occupation formelle de la Grèce entre 1941 et 1944, par les armées de l’Italie, de l’Allemagne et de la Bulgarie.

Certaines rares voix, scientifiques comme aussi ontologiques s’élèvent ici ou là, de ceux qui semblent ressentir les blessures publiques de la perte de la patrie évidente et les problèmes sociaux qui en résultent comme un traumatisme urgent, voire personnel. Ce sont des Grecs et parfois même des étrangers issus… du passé, qui entretiennent un rapport presque existentiel avec la nécessité de sauver les lieux et les régions en ce pays. Autrement-dit, sauver ce qui reste des forces vives de la nation.

Heures laborieuses sous la lumière divulgatrice de l’Acropole – 1933

Sauf que le pays réel grec est en de toute évidence, vide. Lorsqu’il y a encore quelques mois je faisais découvrir ses débris aux derniers et rares participants à mes circuits de la “Grèce Autrement”, de nombreux villages que l’on visitait… n’ont pas un seul habitant, signifiant ainsi que sous la belle carte-postale grecque, au besoin numérisée, il n’y a que les tombes des vrais locaux, autrement-dit, de ceux ayant été en phase avec leur terre cultivée et aménagée.

Certes, ces “heures laborieuses sous la lumière divulgatrice de l’Acropole” offrent toujours le prétexte du voyage pour tant de millions de touristes chaque année, sauf que la ville d’Athéna est morte, et qu’en plus elle est affreusement crasseuse, tant sa municipalité actuelle est en phase avec la morbidité métastasée de notre temps, déjà occidental.

Enfin, près d’un siècle faisant suite au joli syndrome grec dans la vie et l’œuvre de Le Corbusier, ce n’est qu’en envisageant la déshellénisation comme l’équivalent d’une expérience de dépossession, d’aliénation et enfin de génocide… que nous pourrons peut-être mener une réflexion sur ce qui peut encore être sauvé.

Sans doute, une réflexion ultime avant… le silence.

Le… joli syndrome grec. Péloponnèse années 2020

* Photo de couverture: Sur l’île de Poros, 1953, photo d’Ellen Auerbach



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