Adieu Tourisme
En août 1929, Édouard Herriot, ancien Premier ministre français, puis maire de Lyon et chef du Parti radical, arrive par la route en Grèce pour un voyage d’agrément à bord de sa luxueuse voiture de course Hispano-Suiza. Yórgos Séféris, alors jeune diplomate en poste au ministère des Affaires étrangères à Athènes, part par la route jusqu’à la frontière avec la Yougoslavie, afin de l’accueillir.
Terrasse de café… vide. Région de Zagóri en Épire, juin 2025
Yórgos Séféris (1900-1971), en poète – lauréat du prix Nobel de littérature en 1963 – et autant en diplomate, a beaucoup voyagé. Il observa le monde en voyageur, avec une prédilection pour la Grèce, son pays, qu’il a largement exploré, bien avant l’avènement du tourisme de masse.
C’était encore la grande époque du tourisme à la taille confidentielle, autant celle du photographe Américain Robert McCabe, lequel, entreprend son premier voyage en Grèce en 1954, quand ses parents lui offrent l’emblématique Rolleiflex, utilisé par de nombreux grands de l’époque. Né à Chicago en 1934, il a grandi à New York et dans ses environs et il a été initié à la photographie dès son plus jeune âge. Son père, éditeur de journaux, l’a encouragé à capturer le monde qui l’entoure dès l’âge de cinq ans, et la Grèce pour lui fut alors une révélation.
L’arrivée de McCabe en Grèce a coïncidé avec la douloureuse reprise du pays, après la Seconde Guerre mondiale (1940-1944) et la Guerre civile (1944-1949) qui a suivi. Le prétendu “miracle économique” était déjà en cours, cependant, le pays en était encore aux premiers stades de sa transformation et restait bien appauvri, offrant à McCabe un contraste fascinant avec le l’Amérique bourgeoise à laquelle il était habitué.
“Il y avait beaucoup de choses intéressantes à photographier que je n’avais jamais vues auparavant : des ânes pour le transport de gens et de marchandises. Des femmes faisant leur lessive dans les rivières. Des enfants ramènent chez eux de l’eau de la source du village. Vieux navires transportant des marchandises et des passagers vers les îles. Tous très photogéniques et intéressants”, a-t-il déclaré plus tard.
Journée de lessive. Photo de Robert McCabe, île de Ios, 1957
Sur le portique de l’hôtel, inauguré en 1862, ses propriétaires reproduisent en grec ancien, la phrase d’Homère (Odyssée 1.63-1.124): “Bienvenu oh étranger, tu seras accueilli par nous en ces lieux”. Notons que la famille Dássis louait ses chambres, bien chère, et que l’hôtel accueillit tant de personnalités prestigieuses telles que Claude Debussy, Alec Guinness, Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Maurice Chevalier, André Malraux, Agatha Christie, William Faulkner, Sarah Bernhardt, Virginia Woolf, Léon Blum, Carl Jung, Henri Miller… ainsi que les célèbres personnalités du Troisième Reich, Joseph Goebbels, Heinrich Himmler et Hermann Göring.
En 1965, le lien de McCabe avec le pays s’est encore approfondi, ou comme il le décrit si éloquemment, “l’évolution de ma relation avec la Grèce est devenue une révolution”, lorsqu’il épousa une Athénienne dont le père avait des racines dans les Cyclades. Le couple partageait l’amour des îles, et comme McCabe le répète sans cesse, il a admiré ce mode de vie des îles ayant si peu évolué au cours de milliers d’années. Leurs voyages ensemble se sont concentrés sur les îles et ils ont même amené le couple, à acheter une ferme isolée à Patmos où il s’est installé.
Les premières représentations de McCabe de la Grèce, capturent ainsi une nation au bord de la modernisation… autrement-dit, en ces débuts… de l’abolition progressive de son identité. L’année de sa première visite en 1954, la Grèce n’avait reçu que 180.000 visiteurs. Aujourd’hui (2025), ce nombre atteint presque les 40 millions. Avec honnêteté, tendresse et une compréhension magistrale de la lumière, McCabe a capturé son nouvel amour, rendant des images profondément absorbantes qui constituent des pierres de touche importantes de l’époque.
“Je ne savais ni ne comprenais que je photographiais des modes de vie qui allaient disparaître. Changements clés en rétrospective : remplacement des ânes par des tracteurs et des voitures ; l’eau courante arrive dans les maisons, éliminant les dames omniprésentes portant des cruches d’eau ou allant à la rivière pour faire la lessive ; tourisme massif; la disparition des bateaux en bois et de leurs constructeurs à cause des politiques de l’UE”.
Durant cette même synchronie, plus exactement en 1959, le poète Yórgos Séféris alors ambassadeur à Londres, commente dans son Journal personnel – publié en Grèce sous le titre “Journées” à partir de 1975 – les déclarations de Konstantínos Tsátsos, ministre auprès du Premier ministre, chargé entre autres du Tourisme :
Yórgos et Maró Séféris. Sur l’île de Kos, 1955
Notons Vouliagméni et Várkiza figurent parmi les localités côtières et de villégiature près d’Athènes et que d’abord, le ministre Tsátsos était le mari de la sœur de Séféris, Ioánna. Enfin, en cette année même année 1959 et d’après les statistiques officielles grecques, le pays avait vaillamment accueilli près de 450.000 visiteurs, ce qui déjà horripilait notre poète, lequel revient à la charge quelques mois plus tard :
“Jeudi 28 juillet 1960 – Il faut se dépêcher pour voir ce qui subsiste encore de la Grèce, avant que le pays ne devienne une carte-postale grandeur nature”. Et quant aux… 800.000 touristes par an, c’est alors chose faite depuis les années 1960, sans compter que d’après les statistiques officielles, la Grèce a accueilli en 2024, près de 36 millions de touristes (arrivées de croisières non comprises), et le chiffre visé pour 2028, c’est pour ne rien cacher 42 millions… sur une population grecque, migrants compris, de 11 millions d’habitants. Depuis un moment déjà, les gouvernants d’Athènes définissent d’ailleurs le tourisme comme étant “la seule et unique industrie lourde du pays”… sauf que les évidences à son propos, sont en réalité bien amères il faut préciser.
La Grèce est en somme un pays largement détruit depuis les années de la crise, ses campagnes sont mourantes, vidées de leurs habitants et de ce fait de leur sens, près d’un million parmi les Grecs les mieux qualifiés ont quitté le pays pour l’étranger depuis 2010, la terre fertile n’est cultivée qu’à moitié et le pire c’est, que l’ensemble des biens dits de l’État et ceux des collectivités locales appartiennent de fait à une agence fiduciaire étrangère, laquelle les brade… aux initiés (parfois même Grecs) au profit du remboursement de la dette.
Dans le même ordre d’idées, les biens privés : habitations, entreprises, hôtels, ont autant et largement changé de main et de nationalité depuis 2015, ce qui fait par exemple que près du 80% du parc Airbnb d’Athènes appartient aux investisseurs étrangers. Ces derniers dont Occidentaux, Asiatiques, Israéliens, Arabes, Turcs et autant… mafieux, apparus de toute la planète et d’abord du reste des Balkans, pour ainsi alors blanchir leur argent et en faire davantage sur place, avec l’aimable collaboration du système mafieux grec, c’est-à-dire, de l’État et du gouvernement actuel comme passé.
La “carte-postale” ayant tant horrifié notre vieux poète, une fois déjà “acquise”, elle devient de nos jours dans ces haut-lieux comme Athènes ou les Cyclades, synonyme même de plaque tournante de la drogue, de la prostitution… si besoin affiliée à la pédophilie, car les mafias lesquelles ont visiblement gangrené le monde métastasique qui est le nôtre, savent où, et à qui vendre “produits et services”, aux potentiels 40 millions… de consommateurs supplémentaires chaque année au pays des îles à la moussaka surgelée.
Église fermée. Région de Zagóri en Épire, juin 2025
“Le système politique dominant a longtemps qualifié le tourisme d’industrie lourde de la Grèce, car il ne souhaite ni de vraie industrie lourde ni d’industrie légère, ni même de secteur agricole développé. Par le passé, la Grèce était un pays essentiellement agricole, avec d’importants îlots industriels et artisanaux. Depuis, elle n’a pas pu développer son secteur industriel. Tout s’est effondré au début des années 1980 avec l’entrée dans la CEE (aujourd’hui l’UE), suite à la suppression progressive des protections douanières et à l’instauration du marché unique. Aujourd’hui, la Grèce est devenue un pays prestataire de services, exactement comme le souhaitaient les États industriels développés d’Europe, afin de ne pas leur faire concurrence”.
“D’après la Banque de Grèce, notre pays a bénéficié l’année dernière 20,5 milliards d’euros du tourisme étranger (et non pas national). En théorie, ces recettes de 20,5 milliards de l’année dernière représentaient à elles seules 9,3 % du PIB grec (220,3 milliards en 2023). Nous disons en théorie seulement, car les recettes du tourisme ne sont pas des bénéfices, mais un chiffre d’affaires. Pour générer ces recettes, toutes les entreprises touristiques, ainsi que l’État, doivent investir et dépenser. Les touristes qui viennent en Grèce sont des consommateurs saisonniers. Lorsque la production nationale ne peut pas couvrir la demande de consommation qu’ils créent, elle est alors couverte par les importations. C’est l’une des raisons pour lesquelles, ces dernières années, le déficit de la balance commerciale s’est creusé dramatiquement”.
“La demande des consommateurs… pour une petite économie aux frontières ouvertes, comme la Grèce, n’est pas une recette de croissance, mais plutôt une recette pour accroître les importations et donc la dépendance économique. Ni le gouvernement, ni la plupart des économistes et analystes, qui se réjouissent à chaque occasion de l’augmentation des flux touristiques, ne veulent comprendre cette loi. Lors de leur séjour dans notre pays, les touristes consomment du carburant pour leurs transports et de l’électricité (climatisation) pour leurs hébergements”.
“Ces deux éléments proviennent en grande partie de ressources importées. Ils consomment également des aliments et des boissons largement importés, la Grèce étant déficitaire en produits alimentaires de base, tandis que les produits importés sont généralement moins chers et donc privilégiés par les entreprises du secteur touristique. Même les équipements hôteliers tels que le mobilier, le linge de maison, les appareils électriques et électroniques, les sanitaires, etc. sont majoritairement importés. Les quantités restantes dans l’économie grecque ne représentent qu’une infime fraction des recettes touristiques apparentes”.
La Grèce… carte-postale. Dans les Cyclades, années 2000
“Une communauté ou une île comptant, par exemple 500 résidents permanents voit sa population augmenter à 5.000 personnes pendant les deux ou trois mois d’été. Elle a donc besoin d’électricité, d’un système d’approvisionnement en eau, d’un traitement biologique, de services de collecte des déchets et d’autres services sociaux (par exemple, un dispensaire de santé) pour 5.000 habitants. Mais qui financera-t-il ces infrastructures alors qu’elles ne seront utilisées que pour une courte période ? Il s’agit, si possible, d’un investissement non rentable”.
“La plupart des gens pensent que les ressources (eau, énergie, nourriture, etc.) sont inépuisables et que le problème réside donc dans les infrastructures permettant de les rendre accessibles à une activité touristique en constante augmentation. Il s’agit d’une illusion flagrante qui mènera le pays à un désastre multiforme. En outre, une grande partie de la main-d’œuvre grecque, bien que hautement qualifiée, occupe des emplois particulièrement peu qualifiés (serveurs, agents d’entretien, etc.), tout en étant concurrencée pour ces mêmes emplois par un grand nombre d’immigrants non qualifiés. Ainsi, une part importante des travailleurs grecs perd progressivement leurs compétences. Il faut donc freiner l’hypertourisme (33 millions d’arrivées en 2023). Il doit être tout simplement interdit. (…)
De son côté Panagiótis Papadimitrópoulos, dans un article récent, publié dans un grand média en vogue d’Athènes, s’insurge de la situation qui prévaut cet été (2025) sur la péninsule de la Chalcidique, près de Thessalonique en Macédoine grecque, région limitrophe à la Bulgarie.
“C’est un cri d’angoisse qui est lancé depuis la Chalcidique, noyée par des hordes incontrôlables, d’individus issus des Balkans et qui achètent des maisons ou construisent des complexes grâce à l’argent d’origine douteuse, sous le regard d’un État qui se contente d’observer le pillage du pays sans intervenir. La plupart des commerces, des restaurants et des hôtels, ont été vendus ou cédés aux… voisins Balkaniques, et il est étonnant que nous en soyons arrivés là, et que l’État ait laissé la situation se dégrader à ce point. Les Grecs, encore propriétaires de leurs maisons de vacances sur place, ils cohabitent, contre leur gré, avec des touristes de troisième classe, qui s’éparpillent et occupent de plus en plus d’espace, au mépris des règles élémentaires de bon voisinage… du pays qui les accueille”.
“Toute personne qui manifeste son mécontentement risque d’être taxée de raciste ou, au mieux, d’extrême droite… quand elle n’est pas carrément agressée ou menacée. Sur les plages, les touristes sont entassés et il est désormais difficile de trouver un endroit où planter un parasol, la plupart de l’espace étant occupé par des bars de plage, avec des tarifs de 50, 40, 30 euros, selon que le parasol est au bord de la vague, ou au deuxième et au troisième rang. On n’entend plus parler grec à la plage, et les Grecs n’osent pas protester, pour ne pas risquer la bagarre. Les touristes s’installent sur la plage le matin avec leurs serviettes, qu’ils laissent sur place toute la journée, jusque tard dans la nuit, tandis que certains les laissent définitivement pour la durée de leur séjour. Le Grec se sent désormais de plus en plus étranger dans son propre pays, et l’usage du grec devient même rare”.
“La Chalcidique est ainsi vendue sans vergogne et je crains fort que dans dix ans, elle n’appartiendra plus du tout aux Grecs. Ce qui était autrefois l’été grec, finira par devenir un été inodore, impersonnel et sans identité, typique des Balkans… mélangés, où les Grecs seront relégués en ville, enfermés dans son ciment, désormais incapables d’entretenir leurs résidences d’été. La mer Égée, autrefois lieu grec typique et agréable, sera devenue synonyme de torture, et alors le Grec, ayant perdu son dernier refuge de détente et de tranquillité dans l’enfer qu’est devenu son quotidien, je me demande s’il aura la moindre marge de manœuvre pour réagir ou alors s’il sera trop tard”.
La Grèce… carte-postale. Dans les Cyclades, années 2000
Et au sujet des Grecs… aux idées “rondes bien fructueuses” et aux récentes voitures de luxe, le gouvernement grec actuel sous le Premier ministre, dit parfois au pays “le sociopathe” Kyriákos Mitsotákis, est mis en cause dans un vaste scandale de détournement de fonds agricoles européens. L’affaire, révélée par le Parquet européen (EPPO), lequel défend comme on sait les intérêts financiers de “l’Empire” à Bruxelles, face aux fraudes avérées provenant des éparchies, dirigé par Laura Kövesi et sa représentante à Athènes Pópi Papandréou, concerne l’Agence grecque des aides de la politique agricole commune (OPEKEPE), responsable de la distribution des subventions agricoles de l’UE dans le pays. L’organisme est accusé d’avoir validé de faux baux et des déclarations mensongères, permettant le détournement de plusieurs millions d’euros destinés à des terres agricoles inexistantes.
Plusieurs éleveurs de l’île de Crète ont été accusés de fraude entre 2019 et 2022. Alors que le budget alloué à l’agriculture biologique s’élevait à 298 millions d’euros, des demandes totalisant 705 millions auraient été soumises à l’OPEKEPE, selon le quotidien d’ailleurs progouvernemental Kathimeriní.
La presse grecque évoque ainsi l’exemple d’un Crétois, ayant frauduleusement perçu par l’OPEKEPE, la… modeste somme de 380.000 euros par an et cela sur cinq ans. J’ai calculé que d’après mes revenus nets de l’année 2023, pour gagner vaillamment cette somme, je devrais alors patienter 158 ans, et quant à l’ami Théodoros par exemple, écrivain et digne retraité de l’Éducation dite encore nationale par euphémisme, lui, il attendrait ainsi 121 ans pour égaliser l’exploit du Crétois.
Et voilà que dans notre contrée Thessalienne de Trikala, ces mêmes, relativement nombreuses voitures de luxe croisées, immatriculées bien chez nous, sont alors conduites par le même type idéal des… praticiens mafieux, cette fois-ci d’essence disons locale. Et il s’agit principalement de cette tranche de la population grecque qui voyage encore, pratiquant son tourisme… métastasique au pays de Zeus et bien au-delà. La presse grecque du moment, remarque que d’après les enquêtes récentes, en cet été 2025, plus de la moitié des Grecs, ne partiront pas du tout en vacances car ils n’ont pas les moyens, quand ils étaient seulement 25% de la population dans ce triste cas en 2010. “La Grèce… ne ressemble plus à la Grèce”, voilà encore pour un article repris par la presse locale de Trikala en Thessalie, une constatation qui date déjà de 2023.
“Lorsque nos touristes viennent en Grèce pour des vacances, ils s’attendent à voir la Grèce. De même, lorsque nous nous rendons dans une île des Cyclades, nous nous attendons à voir les Cyclades. Ni les touristes ni nous, ne voyons la Grèce ou les Cyclades. Le développement des îles est insensé, sans planification, il ne tient pas compte des spécificités locales et détruit non seulement l’environnement, mais aussi le caractère local des lieux. La question qui se pose est légitime”.
“Si la Grèce ne ressemble pas à la Grèce, si les Cyclades ne ressemblent pas aux Cyclades, pourquoi les touristes continueront-ils à venir ? En l’état actuel des choses, le tourisme se limitera de plus en plus à un produit très bon marché et les touristes qui viendront seront une masse “d’Instagrammers” ivres, lesquels vivront leur mythe grec dans un endroit délabré. Cette prédiction extrêmement dramatique est d’ailleurs celle d’un entrepreneur expérimenté du secteur du tourisme. Lors de mes vacances à Paros et Naxos cette année, j’ai appris ceci: il y a au total environ 5.000 permis de construire en cours, sur les deux îles. Partout, maisons et locations sont construites au hasard et à la hâte, faute d’ouvriers et d’artisans qualifiés. De temps à autre, des relents puants provenant d’égouts inadaptés flottent dans l’air – heureusement, que le vent des étésiennes souffle encore fort”.
Enfants grecs. Photo de Robert McCabe, île de Skiathos, 1957
“De nombreuses agences de location de voitures ont ouvert à Naxos, ajoutant plus d’un millier de véhicules neufs sur le parc déjà existant. La circulation est devenue insupportable. Paros et Naxos commencent à ressembler à Mykonos en termes de circulation, c’est-à-dire, à l’image d’Athènes dans ses embouteillages. Et quant au stationnement, c’est alors sauve-qui-peut. Un restaurateur de Naxos m’a confié qu’il ne trouve plus de viande (locale). – Il n’y a pas assez d’animaux pour répondre aux besoins des visiteurs, nous serons bientôt obligés d’importer de la viande à Naxos – affirme-t-il. En y regardant de plus près, on constate que les petits éleveurs de l’île réduisent leur production pour de nombreuses raisons”.
“L’alimentation animale est devenue plus chère, déjà en raison de la guerre en Ukraine. Puis dans nos îles comme Naxos, de nombreux pâturages habituellement loués ont… bénéficié de la révision du POS, et par les nouveaux permis de construire délivrés, ils sont en cours de construction. Ensuite, les éleveurs sont désormais confrontés à un nouveau problème : les touristes amoureux des animaux dénoncent les éleveurs pour les prétendues mauvaises conditions de vie de leurs animaux. C’est tragi-comique, car les amis des animaux qui, autrefois, sauvaient chats et chiens à Athènes, en vacances, ils veulent désormais sauver vaches et chèvres”.
“Ils signalent à la police que les vaches sont au soleil. La police fait la remarque à l’éleveur. Afin de rassurer les touristes amoureux des animaux, l’éleveur installe des étables de fortune pour les vaches. Les vaches ne vont pas sous les étables, préférant le soleil – comme on le sait, le sommeil nourrit les bébés et le soleil nourrit les veaux. Les plaintes continuent, la police s’emporte, l’éleveur dépassé par les événements abat vaches, chèvres et moutons pour se débarrasser des… fous et éviter les amendes. Le cheptel diminue”.
“Passons à quelque chose d’encore plus sérieux : à Paros, de nombreux Français fortunés ont acheté des maisons au cours des décennies passées. Aujourd’hui, ils les vendent et ils partent. La raison est simple : Paros n’est plus Paros qu’ils connaissaient il y a cinq ou dix ans. Ils n’apprécient pas la circulation excessive sur les routes, les infrastructures de l’île ne supportent pas le nombre de visiteurs, les restaurateurs se sont tous tournés vers le style… balkano chic, ils ouvrent des cafés, des restaurants à sushis et des restaurants mexicains servant toute la journée, la cuisine internationale prédomine, tandis que la cuisine grecque… retravaillée, présentée par divers faux chefs à la télévision est immangeable, les vraies tavernes à l’ancienne disparaissent et au même moment, les plages disparaissent sous les parasols. L’île perd de sa couleur, elle ne ressemble plus aux Cyclades”.
“De surcroît, dans les salles des restaurants au style balkano chic des Cyclades, les clients dansent sur des assiettes de poulpe et de pâtes au homard, au son de trap, un comble ! Le même phénomène se produit certes depuis des années à Mykonos, cependant l’île célèbre pour sa débauche, d’après toujours les entrepreneurs du tourisme, connaît cette année un déclin notable quant à sa fréquentation estivale”.
“La Grèce ne ressemble plus à la Grèce, affirme encore un autre entrepreneur du tourisme insulaire. Les Cyclades, en particulier, évoluent très rapidement en raison de leur petite taille. Il estime que le développement durable du tourisme est à ce stade chimérique, que nous sommes au contraire confrontés à un tourisme prédateur et qui ne perdurera pas. Si la Grèce ne ressemble plus à la Grèce, les touristes iront ailleurs, explique-t-il, et il n’a probablement pas tort. Il soutient que sur les îles, la voie du développement durable est à sens unique : tourisme, agriculture et élevage, dans un développement équilibré et harmonieux. Ce modèle, simple et clair, doit être conçu et appliqué par les autorités locales, qui doivent également fixer les règles pour protéger la couleur et les traditions locales et assurer un développement durable à long terme”.
Le caïque Elefthería. Photo de Robert McCabe, îles Sporades, 1963
Au même moment, et comme l’indique le récent rapport de la banque grecque Eurobank en ce juillet 2025 : “Ces dernières années, le modèle touristique grec a évolué : de plus en plus de touristes séjournent en Grèce pour une durée réduite, y laissent de moins en moins d’argent. Au niveau des chiffres globaux, la principale conclusion est que la hausse des recettes touristiques en Grèce entre 2011 et 2024 (5,8 % en moyenne par an) provient principalement des arrivées en tant que nombre. Cela indique un renforcement du tourisme de masse, un résultat compatible avec la prédominance du forfait… mer et soleil”.
“Plus précisément, le taux de variation annuel moyen des arrivées s’est établi à 7,1 %, portant le trafic touristique entrant à 40,7 millions de voyageurs en 2024 (arrivées de croisières comprises), contre 15 millions en 2010. En revanche, les dépenses moyennes des voyageurs ont diminué, passant de 640,4 euros en 2010 à 530,6 euros en 2024 (hors inflation), peut-on lire. La transition vers un tourisme de qualité est séduisante, mais il s’agit en réalité d’un projet extrêmement complexe qui imposerait des changements majeurs dans les pratiques commerciales, les politiques, les investissements (publics et privés), mais aussi dans les mentalités”, souligne le rapport.
Car, “la transformation complexe du modèle touristique est rendue difficile par le fait que les bénéfices, importants pour beaucoup, sont indirects et à long terme, tandis que les coûts sont spécifiques et à court terme. Par conséquent, cette initiative a peu de chances de réussir sans le soutien actif (et le contrôle) de ces politiques par l’État. Dans une certaine mesure, cela est dû à l’évolution de la demande extérieure. Cependant, dans la mesure où l’expansion de la demande se traduit par une dégradation de l’environnement et du niveau des services fournis, la pérennité de cette demande à long terme n’est pas assurée”, ajoute-t-il.
“Malheureusement, ces nouvelles ont également influencé les investisseurs – nationaux, mais principalement étrangers – entraînant une forte chute des actions des entreprises liées au tourisme la semaine dernière. De nombreux investisseurs estiment que la Grèce arrive au bout de son développement touristique. En bref, le secteur a atteint son niveau plafond et ne dispose plus d’aucune marge de croissance. Si cette évaluation se confirme, des temps difficiles s’annoncent pour le secteur et pour un pays qui, à tort, a basé la quasi-totalité de son économie sur lui”.
Au même moment, l’Airbnbisation du parc immobilier, ainsi que l’installation de nombreux nouveaux venus étrangers bénéficiant entre autres du “visa or”, ont… définitivement tué le marché national immobilier faisant de Grecs des parias…
Efthímios Papataxiárchis, ethnologue que j’ai rencontré dans les années 1990 quand il enseigné et cela durant de nombreuses années au sein de l’Université de l’Égée à Mytilène, la capitale de l’île Lesbos, il est depuis quelques années retraité, et de ce fait, il a décrit dans un texte datant de 2019, son… “Voyage ethnographique d’un locataire déporté – à Athènes”.
“J’écris du point de vue d’un locataire… déporté, qui, littéralement projeté par les circonstances sur le marché immobilier, cherche un abri et il est finalement contraint, dans la mesure du possible, de devenir propriétaire. Un voyage ethnographique à travers ce que l’on appelle le marché immobilier, une errance douloureuse dans la Grèce du néolibéralisme actuel, dans sa nouvelle normalité, tant vantée”.
“Tout a commencé par une assignation écrite de l’augmentation de mon loyer à hauteur de 30 %. L’appartement que j’occupe depuis plus de 20 ans dans une municipalité de l’Est d’Athènes, était le seul des quatre logements du petit immeuble de trois étages à être encore loué. Il est vite devenu évident que cette augmentation n’était qu’un prétexte, puisqu’on m’a ensuite demandé de quitter les lieux. Malgré le secret entourant les motivations, j’ai compris que le propriétaire envisageait de vendre l’immeuble dans son intégralité, sans doute à un investisseur étranger. Je me suis donc lancé à corps perdu dans la recherche d’un logement et me suis retrouvé sur un terrain qui dépassait de loin ma perception du soi-disant… marché immobilier”.
Passé décomposé. Région de Zagóri en Épire, juin 2025
“Dans ces cas-là, la solution la plus rationnelle c’est d’acheter son logement, si possible. Bénéficiant d’une certaine liberté financière, un privilège qui me distingue de beaucoup de mes concitoyens, j’ai mis de côté mes inhibitions et me suis mis à la recherche d’un appartement. Ainsi, il a commencé un long cycle de surprises, souvent douloureuses, et plus rarement amusantes, exacerbées par ma grande ignorance de l’immobilier et mon éloignement historique du soi-disant… monde du marché”.
“Que je le veuille ou non, en tant qu’acheteur potentiel à la recherche d’un logement dans les quartiers d’Athènes, dont certains souffrent, au moins indirectement, des conséquences du développement touristique et de l’hypertourisme, j’ai commencé à ressentir la pression… du grand concurrent. Il devenait de plus en plus évident que l’explosion de la demande de logements, à partir de 2018, était le résultat combiné du Visa Doré (accordé aux étrangers hors UE, à condition d’acquérir en Grèce un bien immobilier habitable pour au moins 250.000 euros), ainsi que de la hausse des locations de courte durée du type Airbnb, provoquée par l’essor du tourisme dans la capitale. Et que cette situation attirait fatalement les capitaux étrangers”.
“Face à moi, il n’y avait pas tant des travailleurs grecs de mon espèce en quête d’un logement, mais des investisseurs étrangers, chinois, russes, turcs ou israéliens, petits et grands, qui déplacent des capitaux spéculatifs et réclament des propriétés avec insistance. En tant qu’acteurs majeurs du marché, ils étaient à l’origine du phénomène qui me tourmentait. Plus je prenais conscience du problème, plus je reconnaissais les traces de… l’ami chinois. Les témoignages d’amis connaissant le quartier se multipliaient, pour évoquer par exemple le cas d’un représentant d’investisseur chinois, avec son sac à fric, qui sort des liasses d’euros pour verser un acompte sans aucune préparation et signer un contrat. Ou celui d’un autre, qui achète un bien immobilier avec une totale indifférence, presque comme s’il voulait se débarrasser de son argent. Et bien sûr, n’oublions pas le légendaire et néanmoins réel M. Chang, qui, selon la presse, possède déjà 700 appartements à Athènes!”
En attendant les touristes. Ioánnina en Épire, juin 2025
“Crise comme on dit, du logement. Les… déportés de toute la ville alors s’unissent ! L’autre face de l’Eldorado du marché immobilier, c’est la crise du logement. C’est évident. En tant que locataire déplacé malgré moi, j’ai commencé à rencontrer d’autres personnes partageant les mêmes idées. J’avoue que j’ai été surpris de constater que nous étions si nombreux. Un pourcentage important de mes amis et collègues, ont vécu des expériences similaires. La belle-mère et le frère d’un ami proche ont été contraints de déménager l’année dernière. La même chose est arrivée à deux collègues. D’autres amis ont été contraints de mettre leur maison en location à court terme, puis, après l’introduction du registre des impôts, de la retirer”.
“Les histoires d’enseignants dans les zones touristiques qui ne trouvent pas de logement se multiplient. Les informations sur les… sans-abri Airbnb se multiplient rapidement. Il en va de même pour les études sur les effets de l’économie dite du partage. En me penchant sur ce sujet, qui est évidemment aussi lié aux stratégies politiques et commerciales, j’ai été frappé par l’impuissance des personnes âgées, témoins des nouvelles dimensions de la dégradation continue de leurs conditions de vie, de l’absence de mobilisation, à quelques exceptions près, et, plus encore, du manque d’interventions politiques dynamiques. La tradition des mémorandums politiques (accords imposés par la Troïka à la Grèce) qui a permis au phénomène de se propager, semblait s’accomplir jusqu’au bout. Je deviens donc étranger dans ma propre ville”.
“Au fil du temps, contraint d’élargir mes critères de recherche, il est devenu évident que je me trouvais confronté au défi d’un changement majeur. Après de nombreuses années, je devrais probablement changer de quartier, abandonner mes habitudes et les relations sociales qui les accompagnent, et m’adapter à un nouvel environnement, une migration interne forcée dans ma propre ville. Ayant vécu toute ma vie en location, j’avais été contraint de déménager par le passé. Cependant, par le passé, et malgré une situation financière beaucoup plus fragile, j’avais réussi à maintenir certaines constantes, comme de rester dans le même quartier. Cela me paraissait désormais très difficile”.
Attention, cas de Rage. Région de Métsovo en Épire, juin 2025
“Qu’en outre, je ne suis pas un investisseur chinois déguisé en Grec, comme je les appelais souvent en plaisantant, mais simplement un locataire déplacé en quête d’un abri. Plus important encore, alors que je cherchais un logement où vivre dignement, à un prix raisonnable, correspondant aux données économiques, et notamment salariales, du pays où je vis, sans vouloir exploiter les difficultés de mes concitoyens, je me suis retrouvé littéralement plongé dans une arène de compétition opaque et agressive entre chasseurs d’opportunités, dans une palestre de tactiques et de ruses”.
Précisons ici, que l’ethnologue retraité Papataxiarchis, appartient à la classe moyenne grecque en somme mourante, et qu’il est actif politiquement au sein d’un parti de gauche, issu d’une énième scission du quasi-défunt parti SÝRIZA, bien cher il y dix ans, à l’escroc politique Aléxis Tsípras.
Efthímios Papataxiárchis écrivait ces lignes en 2019. Depuis, la situation s’est empirée de tout point de vue, et les loyers à Athènes comme souvent ailleurs, ils ont encore doublé. Et quant aux… investisseurs-prédateurs, si l’on prend l’exemple des Israéliens, les reportages du moment font état d’un bond… en avant. Retour donc au reportage de la presse grecque.
“Malgré les tensions géopolitiques et les conflits persistants au Moyen-Orient, la Grèce demeure un pôle d’attraction pour les investisseurs israéliens dans le secteur hôtelier. Forte d’une marque touristique puissante, d’une proximité géographique et de transactions immobilières à grand potentiel de rentabilité, le pays demeure un acteur incontournable de l’investissement pour les entrepreneurs de Tel-Aviv et d’ailleurs, que ce soit par le biais d’acquisitions directes ou de projets de développement de nouvelles unités”.
“Les Israéliens d’Aluma Hotels & Resorts, membre du groupe hôtelier Isrotel, progressent dynamiquement sur le marché grec, avec cinq hôtels à Athènes et Thessalonique – dont quatre privés – pour un investissement total de 100 millions d’euros. Dans le centre de la capitale, ils possèdent déjà trois unités, tandis que dans les prochains mois, ils commenceront la construction d’un hôtel-boutique à Psyrí (sous l’Acropole), à côté de l’actuel Anise, et la modernisation du Skylark à Omónia (centre d’Athènes), sous la marque Tapestry by Hilton. À Thessalonique, ils ont entrepris la rénovation complète de l’historique Vienna Hôtel on Vardar. Leur première présence en Grèce a eu lieu par l’Adia Aluma Athènes Curion Collection by Hilton, un établissement cinq étoiles de 215 chambres. Fort d’une forte présence internationale – 24 hôtels et 6.000 employés – le groupe Isrotel, coté à Tel-Aviv, considère la Grèce comme une passerelle stratégique pour son expansion européenne, misant sur la demande d’hôtels urbains dans des quartiers en plein essor, comme Omónia, qui a attiré la communauté israélienne ces dernières années”.
“Il s’agit de l’une des opérations les plus récentes sur le marché grec. Le groupe israélien Israël Canada, composé de Barak Rosen et Assi Tuchmeyer, a fait son entrée sur le marché hôtelier national grâce à un accord avec Brown Hotels, acquérant huit hôtels d’une capacité totale de 1 067 chambres. Parmi ceux-ci figurent l’Isla Brown Corinthia et l’Isla Brown à la Canée en Crète (en partenariat avec Hilton), ainsi que des établissements à Loutráki, en Eubée et à Athènes. Le groupe Fattal, coté à Tel-Aviv, est en passe de devenir l’un des investisseurs étrangers les plus actifs du secteur hôtelier grec, investissant plus de 80 millions d’euros à Athènes, Rhodes, Thessalonique et Nauplie. À Athènes, il a été réimplanté avec NYX Athens, à la place de l’historique Esperia au centre d’Athènes, après une rénovation complète de 25 millions d’euros. À Rhodes, il a acquis une unité à Kolymbia, désormais exploitée sous le nom de Leonardo Kolymbia Resort, avec des projets d’expansion”.
“À Thessalonique, un deuxième NYX en Grèce est attendu prochainement, rue Tsimiskí en plein centre, avec 135 chambres. Leonardo Hotels & Resorts Mediterranean, filiale de Fattal, gère 13 hôtels en Grèce et à Chypre. Grâce à ces projets, le groupe devrait dépasser les 2.000 chambres à Chypre et les 1.500 en Grèce, renforçant ainsi sa position sur le marché de l’hôtellerie de luxe dans la région méditerranéenne. La Grèce demeure une destination touristique et d’investissement de premier plan pour les Israéliens, qui visitent le pays toute l’année, privilégiant les îles en été et les centres urbains en hiver. Les investissements directs israéliens sur le marché immobilier grec atteignent 700 millions d’euros, tandis que, selon la Banque d’Israël, 10 % de leurs investissements immobiliers internationaux en 2022 ont été dirigés vers la Grèce, qu’il s’agisse de complexes touristiques, d’hôtels, de projets résidentiels ou commerciaux”.
Il en est de même pour ce qui est de l’immobilier plus modeste, des infrastructures, et même du yachting et de la croisière… quant aux “investisseurs” plus pressés que jamais. Cependant, la géopolitique du monde actuel, les conflits, ainsi que les sensibilités des peuples et des nations, ne font pas toujours bon ménage avec le tourisme… en marche forcée.
Ainsi cette semaine en Grèce, quand “armés” de slogans et de banderoles anti-génocide, des manifestants à Syros ont empêché 1.600 touristes israéliens de débarquer de leur bateau de croisière, dans un mouvement de protestation sans précédent contre la guerre faite à Gaza, la nouvelle a fait déjà… le tour du monde.
Drapeau palestinien. Sur le port de Syros, juillet 2025 (presse grecque)
Selon des témoins oculaires, certains passagers du navire ont réagi en brandissant des drapeaux israéliens et en scandant des slogans patriotiques israéliens tout en insultant les manifestants Grecs. Confirmant l’incident, Mano Maritime, la compagnie maritime israélienne qui gère le navire, a déclaré : “Le navire est arrivé à Syros, a rencontré une manifestation de partisans de la Palestine et les passagers sont restés bloqués à bord sans autorisation de débarquer”. Il est à noter que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a contacté son homologue grec, Yórgos Gerapetrítis, au sujet de l’incident, bien que les détails de leur conversation n’aient pas été rendus publics.
D’après le “Guardian”, “la Grèce est devenue une destination particulièrement prisée des touristes israéliens ces dernières années, reflétant les liens de plus en plus étroits entre les deux pays méditerranéens. Cependant, cet épisode met en lumière la colère croissante de la Grèce face aux actions d’Israël à Gaza”. Mais ce n’est pas tout. Sur l’île de Lesbos et d’abord à Plomári, toujours d’après le reportage de la presse locale, les commerçants exprimant leur solidarité envers la Palestine, sont pris pour cible par des… touristes Israéliens qui sont à leur tour accusés de pressions, d’insultes et de critiques négatives à l’encontre des restaurants de Plomári, dont les tenanciers ont pris publiquement position sur les événements à Gaza.
“Une vague d’inquiétude s’empare de Plomári, alors que les signalements d’actions organisées visant les commerces locaux exprimant publiquement leur solidarité avec le peuple palestinien se multiplient. Selon les plaintes des habitants et des employés, ces dernières semaines, des comportements agressifs, des commentaires négatifs et diffamatoires sur les plateformes en ligne, ainsi que des intimidations directes d’employés par des personnes d’origine israélienne ont été constatés”.
“Deux restaurants ont été sous le feu des projecteurs. Le premier, connu pour son ambiance conviviale, sa cuisine originale et sa forte identité sociale, a fait l’objet de nombreux commentaires agressifs citant directement le propriétaire et les clients. Un touriste, se présentant comme une personnalité influente en Israël, aurait exercé des pressions pour dissuader les visiteurs de s’approcher, affirmant que les positions politiques ne devaient pas être… mélangées aux affaires du tourisme. Le deuxième établissement, spécialisé dans les vêtements et l’esthétique culturelle moderne, avait apposé sur sa façade des messages appelant au libre passage de l’aide humanitaire vers Gaza, défendant la dignité humaine universelle et proclamant que – l’humanité ne connaît pas de frontières. La réaction ne s’est pas fait attendre. Un groupe de visiteurs Israéliens a accusé le commerce d’activisme culturel de mauvais goût, tout en qualifiant les propriétaires et les employés d’anti-touristes et d’inadaptés à l’esthétique du village”.
“L’incident a culminé lorsqu’une employée a reçu des commentaires sarcastiques et des insultes à l’intérieur de son établissement, de la part des membres de familles de visiteurs israéliens. Un jeune homme l’a traitée de sympathisante par moquerie, laissant des insinuations claires sur ses positions politiques. Peu après, une Israélienne l’aurait interpellée dans la rue pour la prendre en photo et lui adresser une phrase sarcastique, ce qui a été perçu comme une tentative manifeste d’intimidation. L’établissement a publié un communiqué pertinent, affirmant que la sécurité des employés est non négociable et qu’aucune forme d’agression envers le personnel ne sera tolérée”.
“Les réactions de la communauté locale ont été immédiates. Les habitants ont exprimé leur vive inquiétude face à de tels phénomènes, soulignant que Plomári était et demeure un lieu accueillant, mais non pas un lieu silencieux. La communauté villageoise, affirment-ils, a toujours fait preuve de solidarité, d’humanité et de sensibilité politique, et ne restera pas silencieuse face aux pressions ou aux intimidations. Parallèlement, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander aux autorités municipales et régionales de ne pas se limiter à des appels généraux à l’équilibre et au calme, mais d’adopter une position claire en faveur de la liberté d’expression. Comme le soulignent les habitants et les professionnels, la défense de l’expression publique ne peut être perçue comme un problème, tandis que les agressions et les attaques ciblées sont réduites au silence au nom du tourisme”.
“Plomári n’est pas seulement une destination touristique, mais une communauté dotée d’une conscience historique, d’une mémoire collective et d’un activisme social. Lorsque ses habitants expriment leur solidarité face à une crise humanitaire, cela ne constitue pas une menace pour l’image du village, mais la preuve que la vie sociale ne s’arrête pas à l’entrée des hôtels. À une époque où la violence et le génocide sont relayés quotidiennement par les médias internationaux, il est raisonnable et légitime pour certains de solliciter à une petite ville de la mer Égée, quant à démontrer concrètement sa position morale. La question est de savoir si les institutions et l’État soutiendront ceux qui subissent des pressions, ou si elles resteront silencieuses face à la répression de la solidarité”.
Rappelons à nos lecteurs que Lesbos est une île traditionnellement située politiquement à gauche, et que le dégout de nombreux Grecs devant la politique génocidaire menée par l’État hébreu (d’après la doxa populaire, majoritaire en Grèce), et que cette même forme de protestation je l’ai rencontrée en juin dernier en Épire, dans la région de Zagóri, située politiquement à droite et accueillant je dirais avec éclat depuis des années, un important tourisme issu d’Israël.
Drapeau palestinien. Région de Zagóri en Épire, juin 2025
“Affrontements à Rhodes : différents récits. Lorsqu’il s’agit d’affrontements personnels, il n’est pas toujours évident de savoir qui en est à l’origine. Lors de l’incident le plus récent, une vingtaine d’adolescents israéliens se sont affrontés à 10 à 30 Grecs à Rhodes, mardi 22 juillet vers 3 ou 4 heures du matin. Selon des informations publiées dans les médias israéliens et sur les réseaux sociaux, des manifestants anti-israéliens s’étaient rassemblés devant une boîte de nuit où des Israéliens faisaient la fête. Lorsqu’ils décidèrent de partir, un Grec fit semblant de soutenir Israël et leur demanda s’ils étaient Israéliens. Lorsqu’ils acceptèrent, il appela des dizaines d’autres personnes, qui se mirent à les poursuivre, donnant des coups de pied à l’un d’eux. – Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. On voulait juste sortir et s’amuser, et soudain, des gens armés de couteaux nous poursuivaient -, raconte un adolescent nommé Friedman”.
“Cependant, le journal grec de Rhodes Dimokratikí, dresse un tableau différent. Se basant sur des témoignages, des images et d’autres informations, le rapport indique que, selon la police grecque, l’incident a débuté lorsque les Israéliens ont commencé à crier en faveur d’Israël, les Grecs les traitant de meurtriers et répondant par des slogans propalestiniens. La police a identifié neuf Israéliens impliqués et ils sont partis en avion quelques heures plus tard. Aucune confirmation officielle d’un quelconque passage à tabac n’a été reçue”.
Inutile de dire qu’au sujet de l’épisode de Syros comme de celui de Rhodes, “nos” ministres actuels en poste à Athènes, se sont déclarés outrés “de l’antisémitisme et du racisme” ambiants, déclarant même que désormais, “la loi déjà prévue punira de telles pratiques”. Le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis accuse ainsi “d’antisémites”, ceux qui réagissent, en adoptant de la sorte le récit Benjamin Netanyahu.
C’est d’ailleurs tout le sens de l’altercation publique entre Mariánna Pyrgióti et le ministre adjoint auprès du Premier ministre, Ákis Skértsos. Mariánna Pyrgióti est une journaliste… attitrée, appartenant au même parti que Skértsos et Mitsotakis celui de la Nouvelle Démocratie au pouvoir, et alors cette même femme politique… visiblement multifonction, “offre” également ses conseils en communication au ministre Kikílias, ainsi qu’à plusieurs autres députés du parti de la Nouvelle Démocratie.
Cette dame que l’on dit visiblement “bonne conseillère” dans les salons d’Athènes, est en même temps l’épouse de l’ancien ambassadeur d’Israël à Athènes, et sans doute c’est par… sensibilité conjugale, qu’elle a reproché à Skértsos “ la non application stricte des lois… relatives au racisme et à l’antisémitisme, afin de punir rapidement ces individus”, s’agissant naturellement des… rebelles de Syros, autrement-dit, ceux qui ne partagent pas la même vision géopolitique que son mari, et pour faire court, la même vision géopolitique que ces députés de la majorité et autres ministres, parmi ceux qui suivent visiblement ses conseils.
Une partie de la presse grecque, ironise cependant sur ce type de déclarations, tandis que le fond, encore une fois géopolitique de l’affaire, est souvent absent de la bouche des politiciens d’Athènes et parfois même de celle des journalistes… à usage interne.
Car, d’après ce qui est… aimablement baptisé “Partenariat stratégique tripartite” à Tel-Aviv et quand la Grèce est gouvernée par “le Premier ministre Mitsotakis, autre fervent partisan d’Israël” en réalité, la Grèce, autant que Chypre, appartiennent aux territoires désignés et ainsi administrés déjà de la sorte par l’État hébreu (défense, tourisme, économie, immobilier alors compris), c’est-à-dire, en termes de repli stratégique, militaire, voire, démographique en cas de besoin, comme nous en avons déjà constaté les prémisses d’un tel plan sur le terrain, à l’occasion de la récente “guerre des Douze-jours”, quand Israël a agressé l’Iran, et que ce dernier a riposté. Ceci explique alors cela… sans autre commentaire !
En attendant les touristes. Métsovo en Épire, juin 2025
Et qui dit : “mutations économiques, environnementales et culturelles”, il intègre sinon parfaitement le rôle renouvelé de Cassandre en notre piètre siècle, celui de la prétendue “fin de l’histoire”. C’est dans ce sens, que la presse anglophone tire encore la sonnette d’alarme, devant les sombres perspectives du tourisme en Grèce, ou plus exactement, de la Grèce sous un tourisme de masse accablant, comme à travers de cet article proposé par Phil Butler, daté de juillet 2024.
“La Grèce continue d’accueillir un nombre record de touristes dans de nombreuses destinations du continent et des îles du pays. Selon les données de la Commission européenne du tourisme (CET), la Grèce se classe au quatrième rang des destinations préférées des voyageurs européens. Cependant, un embarras majeur plane sur la Grèce, tout comme sur d’autres destinations d’Europe du Sud. Les conditions météorologiques extrêmes dues au phénomène El Niño et au changement climatique poussent déjà les touristes vers le nord. Ces problèmes, parmi d’autres, pourraient bientôt transformer la plus grande île de Grèce en un piège à touristes”.
“Le Centre commun de recherche de la Commission européenne avait alors révélé que la hausse des températures devrait réduire de 10 % le nombre de touristes en été dans les zones côtières du Sud. Cette évolution entraînera, à son tour, une augmentation de la demande pour les stations balnéaires du Nord de 5 %, voire davantage, selon les chiffres. Le communiqué de presse de la Commission de l’époque ressemblait alors à un récit d’horreur touristique à venir… pour la Grèce”.
“Car voilà qu’une situation encore plus désastreuse se profile, si le pays perd autant de touristes. La Grèce est désormais le pays le plus pauvre d’Europe, dépassée même par la Bulgarie il y a quelques mois. Ici, en Crète, les hôtels gérés par TUI et d’autres conglomérats ne peuvent même pas embaucher de Grecs pour des salaires réduits par ces entreprises soucieuses de leur budget. Des dizaines de milliers de travailleurs originaires du Pakistan et d’Égypte sont déjà accueillis dans ces stations balnéaires. Parallèlement, un autre facteur important est la fuite des cerveaux, fuite du capital humain en termes économiques, qui envoie à l’étranger certains des Grecs parmi les plus dynamiques et les plus brillants. Dès 2014, la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) signalait que près de 40 % des Grecs hautement qualifiés vivaient et travaillaient à l’étranger. Et la situation s’aggrave encore. Dans les villages crétois, la population est réduite par rapport à il y a une ou deux décennies. La plupart des habitants ont plus de 40 ou 50 ans”.
Au café. Région de Zagóri en Épire, juin 2025
“Je sais que c’est une prédiction sombre, mais j’évoque ce désastre à venir depuis des années. Peu, voire personne, ne semble y prêter attention. Notre équipe signale constamment des problèmes qui ne font qu’empirer en raison de ce manque d’attention et de planification. À mon avis, les grands investisseurs grecs (en réalité ils sont étrangers NdT) ont l’intention de transformer la Crète en une batterie géante pour alimenter la Grèce et l’Europe centrale en énergie éolienne et solaire. C’est un projet en cours, comme je l’ai évoqué ici. Imaginez maintenant le peu de touristes qui viendront admirer un horizon peuplé d’éoliennes et de milliers d’oiseaux morts en contrebas”.
Et pour reprendre certains éléments documentés soulignés la presse alternative politique économique grecque, “la Grèce connaît un déclin démographique dû à la baisse de la natalité et de l’immigration. Des populations étrangères, principalement musulmanes, s’installent sur son territoire et deviennent progressivement citoyennes du pays, grâce à l’octroi de la citoyenneté. La société grecque alors elle devient multiculturelle avec le renouvellement de sa population. L’ancienne homogénéité sociale se désintègre”. “Le potentiel productif des secteurs agricole et industriel se dégrade depuis des décennies en raison de la concurrence internationale et de l’absence de protection douanière. La désindustrialisation du pays a commencé avec son entrée dans ce qui était alors la CEE. L’industrie grecque, déjà faible, ne pouvait rivaliser avec ses homologues allemande, italienne ou française. Aujourd’hui, l’économie grecque repose sur les services, notamment le tourisme et la construction. La balance commerciale extérieure est lourdement déficitaire. En 2023, le PIB du pays, à prix constants, s’élevait à 197 milliards d’euros, soit un niveau encore inférieur à celui de 2003, qui était de 202 milliards d’euros. Vingt années perdues au sein de l’Eurosystème”.
La Grèce a une dette publique colossale (actuellement 404 milliards) qui, depuis 2002, avec l’entrée dans l’euro, a été entièrement convertie en devises, car elle est libellée dans une monnaie que le pays ne peut pas émettre. En 2001, 75 % de la dette était alors libellée en drachmes et seulement 25 % en devises. Aucun pays ne fait faillite lorsqu’il est endetté, quel que soit son montant, dans sa monnaie nationale. Il émet de la monnaie et paie. Un pays fait faillite lorsqu’il est endetté en devises et ne peut les trouver ni par les exportations ni par l’emprunt extérieur. Environ 7,5 milliards d’euros sont payés chaque année au titre de la dette publique en intérêts uniquement, tandis que les amortissements sont remboursés par de nouveaux emprunts. La dette est recyclée, et non réduite, ce qui maintient la dépendance permanente du pays envers les prêteurs – les marchés, les mécanismes du FESF-MES de l’UE et la BCE.
Rajoutons à ces analyses que la sécurité des touristes comme autant celle des Grecs, n’est plus assurée dans nos villes et d’abord à Athènes, la capitale grecque laquelle figure désormais au… palmarès de l’insécurité des villes les plus dangereuses en Europe. Hélas, c’est vrai. Du temps où je faisais encore visiter le centre-ville d’Athènes, jusqu’à environ 2023 ; sur à peu près 80 parcours à pied (effectués entre mai et octobre) sous l’Acropole et dans les quartiers centraux… chargés d’histoire et de migrants, je repoussais en moyenne 17 tentatives de vol sur mes 80 parcours… entrepris de la sorte au détriment des participants, et j’avais même fini par reconnaitre les membres… “éminents” parmi les bandes des agresseurs, qui étaient d’après mes observations, composées à 100% de migrants et de gitans.
Sotiroúla de GreekCity. Péloponnèse, juillet 2025
D’où le phénomène mafieux, devenu si récurrent ces dernières années, à savoir, l’interdiction dans les faits de l’accès aux nombreuses plages déjà de l’Attique, la région d’Athènes ; interdiction imposée aux Grecs ainsi qu’aux touristes non fortunés. Sous le titre “Des supermarchés et cartels de l’énergie au… cartel des transats ! – Comment les plages aménagées deviennent un rêve inaccessible pour les petites et moyennes familles grecques”, la presse électronique du moment fait enfin l’état des lieux du phénomène.
“La Grèce est un pays maritime doté de milliers de kilomètres de côtes qui, dans des régions densément peuplées comme l’Attique, offrent une échappatoire à la vie quotidienne aux centaines de milliers de familles grecques, entassées dans les grands centres urbains et soumises à des conditions de vie qui se dégradent rapidement de jour en jour et de mois en mois”. “Eh oui, pour les couples célibataires et les citoyens isolés, il existe encore des possibilités d’accéder à la mer sans avoir à dépenser leur salaire mensuel pour quatre baignades par mois. Le principal problème qui se pose cependant, et qui concerne les petites et moyennes familles grecques, tient de leur accès aux plages aménagées. Car il est évident que les familles avec de jeunes enfants ne peuvent pas descendre des rochers, ni plonger de la sorte dans la mer !”
“Alors que nous connaissions des cartels sur les prix de l’énergie, des supermarchés, des carburants et d’autres produits, nous en sommes arrivés à des cartels sur… les transats ! Le site europost.gr a mené une vaste enquête sur les plages de l’Attique. Elle a révélé que le prix de deux transats et d’un parasol – en été, marqué par les vagues de chaleur – est devenu prohibitif pour les familles grecques de petite et moyenne taille avec enfants mineurs. Par exemple, sur toute la Riviera athénienne, c’est-à-dire sur la côte sud d’Athènes, d’Álimos à Várkiza en passant par Vouliagméni, aucun ensemble de transat avec parasol, ne coûte moins de 25 euros, dans le cas de figure même, le plus économique”.
“Et bien sûr, sur les plages les plus célèbres, les prix flambent : deux transats et un parasol sont facturés 200 euros sur la plage de Glyfáda, et le même prix est appliqué aux couples, par exemple, sur la plage voisine de l’ancien Bo. Si l’on ajoute à ces prix exorbitants le carburant, deux cafés et deux boissons sans alcool que la famille doit emporter, les quatre bouteilles d’eau (au moins), sans compter la nourriture, on atteint facilement 300 euros au maximum et 130-140 au minimum. Ceux, au sein de notre gouvernement se rendent-ils compte que nous ghettoïsons ainsi la Grèce et que nous excluons les petites et moyennes familles grecques avec de jeunes enfants des plages aménagées ? Ceux au sein de notre gouvernement, s’occupent-ils du phénomène de la spéculation ?”
Sotiroúla et Hermès de GreekCity. Péloponnèse, mai 2025
C’est également pour cette raison, qu’autant que faire se peut, la Grèce Autrement ne propose plus Athènes ni sa région dans ses parcours, tout en privilégiant la Grèce du Nord, d’ailleurs si possible en dehors de la période estivale.
Car, je m’adresse aux rares voyageurs, plutôt qu’aux touristes, étant donné que le beau pays que je fais découvrir, y est alors entier, par son histoire, mais autant ses drames et ses apories sinon comprises. Et d’abord ses chats, dont notre jeune Sotiroúla, notre Hermès dit parfois “le Trismégiste”, ainsi que notre vaillant Volodia.
Ou sinon, comme le disait de la Grèce le photographe McCabe, en capturent une nation au bord de la modernisation… autrement-dit, devant l’annulation de son identité, “je ne savais ni ne comprenais que je photographiais des modes de vie qui allaient disparaître”.
Et pour ceux qui apprécient la Grèce et non pas sa carte-postale, ma suggestion est la suivante: Chers amis de ce vieux pays, venus d’ailleurs. Si vous le pouvez, ne visitez plus notre pays en juillet, ni en août et si encore vous en êtes capable, boycottez les Cyclades et Athènes… pour les deux prochaines décennies !
Surtout si votre but, c’est de visiter la Grèce !
Volodia de GreekCity. Péloponnèse, juin 2025
* Photo de couverture: Agamemnon Dássis et sa fille Panagoúla. Photo de Robert McCabe, Mycènes, 1955