Hétaïres à Dubaï
Printemps grec déjà, temps météorologique clément, on dirait même que tout va bien au pays d’Hermès psychopompe. Et pourtant.
Nos derniers pêcheurs traditionnels. Péloponnèse, mars 2026
La Grèce des campagnes paisibles demeure sinon calme, nos animaux sont de la partie et d’abord nos chats qui scrutent la mer en attendant sans doute l’ouverture des tavernes avec l’arrivée des touristes d’ici quelques semaines, d’après ce que l’on espère en tout cas.
Spectacle du dit monde, sauf que le vrai tournage et même carnage, se déroule en ce moment même au Proche Orient, plus proche que jamais on dirait quant à la Grèce. Car en réalité… nous y sommes ou presque.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
La première conséquence ressentie en Grèce fut celle des ressortissants hellènes bloqués dans les hôtels et aux aéroports des royaumes et des émirats du Golfe ou alors en mer. Ils sont d’abord marins, puis ingénieurs, travailleurs dans l’hôtellerie, et enfin touristes… peu aguerris aux stupeurs finales du monde actuel.
Tous choqués car personne ne s’y attendait ou presque et parmi eux, celles issues de la branche des “infuencers”, toutes jeunes femmes de la classe des mannequins et assimilées comme telles, se rendant régulièrement, souvent en weekend dans les capitales du Golfe et d’abord à Dubaï, histoire d’empocher quelques milliers d’euros en si peu d’heures travaillées… en se prostituant.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
Car ces femmes de jadis elles ont été en même temps cultivées et fortes de personnalité y compris en politique, à l’image d’Aspasie en relation avec Périclès qui fut la femme la plus célèbre du Ve siècle av. J.-C., ayant d’ailleurs fréquenté Sophocle le grand auteur dramatique, Phidias le sculpteur ou encore Socrate le philosophe. Ou sinon Laïs de Corinthe qui fut la courtisane de Myron, l’un des plus célèbres sculpteurs grecs.
Plus proche de nous et cela dans les années 1950 à 1960, certaines jeunes femmes embarquaient depuis le Pirée à destination des cabarets de Beyrouth ou du Caire, histoire d’y travailler officiellement comme “artistes” et en réalité en tant que courtisanes, d’ailleurs mal rémunérées par les filières criminelles lesquelles depuis Athènes, elles organisaient alors ces “voyages culturels”.
En attendant les touristes. Péloponnèse, mars 2026
Et c’est ainsi que la Police intervient sur le port pour empêcher ces jeunes filles d’être recrutées pour travailler dans un cabaret de Beyrouth et on y voit généralement des femmes avec des valises embarquer sur un bateau, puis des policiers de la sécurité du Pirée en civil intervenir, leur demander leurs passeports et arrêter les passeurs proxénètes avant le départ du navire.
Ces filles que l’on nommait alors “artistes”, étaient toutes issues des classes populaires ayant généralement peu fréquenté l’école, le tout, à un moment de l’histoire économique du pays où le travail se faisait encore plutôt rare.
En attendant les touristes. Péloponnèse, mars 2026
Et quant aux… influenceuses grecques, elles ont été très en colère contre la “guerre inétendue” car bloquées sur place, et voilà en somme que le conflit actuel a rappelé aux Grecs toute l’ampleur du phénomène.
Ainsi, ces filles d’Athènes et d’ailleurs sont visiblement fort nombreuses à y “pratiquer” de la sorte, mais ce qui est nouveau en comparaison à certaines jeunes grecques des années 1960, ce que ces jeunes demoiselles actuelles, elles exercent parfois un vrai métier quiconque et qui se prostituent ainsi… en congés ou durant les weekends.
La fin du tournage. Péloponnèse, mars 2026
“Un homme de 29 ans a vu sa petite amie implorer pour de l’aide afin de quitter Dubaï : elle lui avait dit qu’elle serait en weekend prolongé dans son village de Trikala pendant trois jours! Un message, une image télévisée et une crise internationale ont suffi à faire voler en éclats une relation fondée sur la confiance”.
“Ce récit, bien que comportant des noms et des lieux modifiés, relate un incident réel où la vérité personnelle a été révélée par le biais de l’actualité mondiale. Jeudi après-midi, après une matinée tendue, Maria a envoyé à Nikos un message rassurant : -Je vais au village, à Trikala, pour vendredi, samedi et dimanche. J’ai besoin de calme. Il n’avait aucune raison de douter de ses paroles. Jusqu’à ce qu’un reportage télévisé vienne tout bouleverser”.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
“L’affirmation de départ émise par Maria : -Je n’aurai pas de réseau, s’est avéré ironique. Son image a été diffusée en direct, démentant la version de son voyage de trois jours à Trikala. Alors que les vols étaient annulés et que l’aéroport de Dubaï sombrait dans l’incertitude, le téléphone portable de Maria a vibré. Nikos a simplement écrit : -Je t’ai vue. Bon retour, si tu trouves un vol”.
“À l’heure où les tensions internationales atteignaient leur paroxysme, une crise personnelle éclatait déjà à son tour. Maria réalisa que sa double vie – les… trois jours au village, tout comme ses escapades secrètes au Moyen-Orient – ne pouvaient plus être dissimulées. Ce récit illustre le conflit entre le désir d’une vie pleine de tension, de luxe et de secret, et le besoin trahi de soi-disant stabilité et d’honnêteté. Le mensonge, qui lui avait servi jusque-là de mécanisme de fuite, a été révélé par un heureux hasard”.
Nos oliviers. Péloponnèse, mars 2026
Cet incident nous rappelle surtout qu’il y a bien beaucoup plus grave pour ce qui est de l’implication grecque dans cette crise, bien plus dramatique que nos infuencers bimboïdes décervelées.
D’abord, Lawrence Wilkerson colonel de l’armée américaine à la retraite et ancien chef de cabinet du secrétaire d’État américain Colin Powell, croit savoir à la sixième minute d’une interview par ailleurs fort pertinente, que les agents israéliens du Mossad… travaillent à Chypre et dans le sud de la Grèce pour si possible préparer une éventuelle prochaine phase de la guerre.
Nos animaux. Péloponnèse, mars 2026
Sans avoir suivi Lawrence Wilkerson, et seulement par intuition géopolitique, Pétros un boucher du coin ainsi que Yórgos le vieux pêcheur, s’accordent pour dire “que notre attelage à Israël nous mène alors à notre perte”.
Bien comme prévu, les “grands” médias d’Athènes s’extasient car Athènes a dépêché à Chypre deux avions F-16 ainsi que la frégate FDI “Kímon” de la Marine hellénique, développée depuis le site de Naval Group à Lorient et dont les premiers essais en mer datent seulement de mai 2025.
Nos animaux. Péloponnèse, mars 2026
Hélas pour la Grèce et d’abord pour Chypre, ce n’est qu’une mystification de plus et de trop. N’oublions pas que depuis juillet et notamment depuis août 1974 lors de la deuxième phase massive de l’invasion de l’armée turque à Chypre, les dirigeants d’Athènes, dont le vieux Karamanlís en tête, n’ont pas agi, rien que parce que à leurs dires même “Chypre, c’est loin”.
L’exégèse de l’actualité de 2026, la juste, elle a été donnée entre autres par le vieux journaliste Dimítris Konstantakópoulos lors d’une interview, quand il a rappelé “que les gouvernements à Nicosie et à Athènes n’existent pas en réalité et cela depuis les années de la Troïka, étant donné que Chypre et Grèce sont tout simplement deux zones d’action… appartenant à l’espace géopolitique d’Israël et ceci dans toute sa profondeur stratégique. Naturellement, toute implication grecque à Chypre et sans doute potentiellement ailleurs, elle est largement hétéronome car le donneur d’ordres réside alors à Tel-Aviv et à Jérusalem”.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
C’est vrai que depuis la Troïka, le pays est plus que bradé et qu’entre autres, plusieurs milliers d’Israéliens y achètent de l’immobilier jusqu’à même contrôler une part du secteur du “Real Estate” en Grèce, et ce n’est que la partie la mieux visible de l’iceberg.
Idem à Chypre, pendant que Nicosie invite sa population à se préparer pour se réfugier dans les abris si besoin, et quand les réservations des touristes sont à leur tour annulées et pour cause.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
De leur côté, deux jeunes Israéliens installés en ce Péloponnèse que l’on dit toujours mythique, expliquent à nos Grecs du coin qu’ils ont acheté leur maison d’ici “pour éviter le retour dans l’armée de leur pays et pour enfin vivre paisiblement dans un endroit sans guerre à répétition”. Nous espérons qu’ils ne se sont pas trompés dans leur choix, pour eux et… autant pour nous.
Enfin dans son analyse qui se veut sinon approfondie à l’image de celle de Konstantakópoulos, Nikólas Kosmatópoulos, Anthropologue culturel et Professeur à l’Université américaine de Beyrouth estime de son côté “que le mémorandum, autrement-dit le traité imposé par la Troïka à la Grèce, comportait-il probablement des clauses géopolitiques de rétrocession du pays… à la géopolitique d’Israël”.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
En ce beau Printemps grec des oliviers, des fleurs et des chats, voilà que nos hétaïres… en “techniciennes de plateau” qui sont prêtes à tout sauf à la géopolitique du monde actuel, tout juste… d’ailleurs récupérées depuis Dubaï par un vol spécial de l’armée grecque, n’auraient guère à en rajouter en matière d’hétéronomie vécue et pratiquée, sauf qu’elles ne connaissent pas forcement le terme.
Printemps paisible. Péloponnèse, mars 2026
Et l’on prétend toujours… que tout va bien dans ce monde d’Hadès.
Nos chats. Péloponnèse, mars 2026
* Photo de couverture: Visite aux hétaïres. Hydrie attique à figures rouges, vers 490 av. J.-C. – Collection d’Antiquités de l’État bavarois, wikidata:Q707981